Un médecin néerlandais pratiquant la médecine esthétique connu sous le nom de « Dr Don », a été radié du registre néerlandais des professionnels de santé après un lifting du visage ayant entraîné des lésions faciales permanentes chez une patiente. Selon la presse néerlandaise, le praticien, qui avait cessé ses activités à Hengelo, travaille maintenant dans un centre de médecine esthétique en Belgique.
Le Tribunal disciplinaire régional de Zwolle reproche au praticien plusieurs manquements graves dans la prise en charge de la patiente. Celle-ci n’aurait pas été suffisamment informée des risques liés à l’intervention, notamment celui de paralysie faciale, une complication sévère dont la fréquence est estimée à environ 2,6 % dans la décision disciplinaire.
Le collège rappelle que les actes de chirurgie esthétique, qui ne répondent pas à une nécessité médicale, imposent une obligation d’information renforcée. Le praticien aurait donc dû exposer explicitement ce risque avant l’intervention.
La prise en charge postopératoire est également mise en cause. Informé rapidement de complications par une infirmière, le praticien n’aurait pas lui-même revu la patiente. Celle-ci a conservé des séquelles durables, dont une paralysie du visage.
Le tribunal pointe aussi des lacunes dans le dossier médical. Des constatations importantes n’y figuraient pas, le dossier n’a pas été transmis à temps à la patiente et une consultation réalisée trois semaines après l’opération pour une tuméfaction aurait été insuffisamment documentée. Le diagnostic initial posé par le praticien s’est en outre révélé erroné.
La salle d’opération utilisée ne répondait pas non plus, selon le collège, aux exigences requises pour une intervention longue comme un lifting du visage.
Le médecin a reconnu qu’il aurait dû revoir la patiente le lendemain de l’intervention et que la transmission du dossier médical avait pris trop de temps. Il a contesté les autres griefs.
Le praticien avait déjà été sanctionné dans des procédures disciplinaires antérieures, notamment pour des manquements dans le suivi, l’information des patients et la tenue des dossiers. En 2023, il avait fait l’objet d’une suspension avec sursis.
Dans ce nouveau dossier, le tribunal estime qu’aucune capacité d’apprentissage suffisante n’a été démontrée. Il considère que le praticien est « inconsciemment incompétent » pour ce type d’actes et qu’il surestime les limites de ses compétences. Sa radiation entraîne la perte immédiate du droit d’exercer aux Pays-Bas.
Son parcours médical suscite également des interrogations. Il n'est n’est pas chirurgien plasticien de formation, mais radiologue. Selon le site de la clinique où il exerce à Genk, il a obtenu un doctorat en imagerie TEP oncologique à l’Université de Heidelberg et se consacre aux traitements esthétiques depuis seize ans. On précise également qu'il a étudié la médecine à l'Université de Groningue et s'est ensuite spécialisé comme médecin et radiologue aux Pays-Bas et en Allemagne.
Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur les praticiens sanctionnés ou radiés à l’étranger qui continuent néanmoins à exercer en Belgique. Elle pourrait également interpeller l’Ordre des médecins sur les mécanismes de contrôle et d’échange d’informations concernant les sanctions disciplinaires prononcées à l’étranger.
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Francois Planchon
29 mai 2026Nos politiciens qui sont incapables d'avoir réglé ce problème, pourtant évident et élémentaire, ni même de s'être posé la question, sont-ils vraiment compétents ? Dommage que le licenciement immédiat pour faute grave ne puisse pas leur être appliqué...