Une nouvelle approche prometteuse pour prévenir la récidive de la vaginose bactérienne

Une équipe internationale de scientifiques a mis au point une nouvelle approche prometteuse, à base de probiotiques, pour prévenir la récidive de la vaginose bactérienne (VB), annonce mardi l'UCLouvain, dont une chercheuse a participé à l'étude.

La vaginose bactérienne résulte d'un déséquilibre entre les micro-organismes bactériens "bénéfiques" et "nocifs" dans le vagin. Cette perturbation du microbiome vaginal, qui concerne environ 30% des femmes dans le monde, se manifeste fréquemment par des pertes vaginales, des odeurs inhabituelles ou des irritations. Au-delà de ces symptômes, cette affection est associée à un risque accru d'accouchement prématuré, de contamination par le VIH ou le papillomavirus, et de croissance cellulaire anormale au niveau du col de l'utérus.
Bien que les antibiotiques permettent de soulager les symptômes à court terme, jusqu'à 60% des femmes souffrent d'une récidive de la VB dans les six mois qui suivent l'infection, voire doivent l'endurer de manière chronique. Paradoxalement, le traitement antibiotique lui-même serait en cause, en appauvrissant la flore bactérienne vaginale.
L'équipe de scientifiques a donc cherché à déterminer s'il était possible de "réensemencer" le microbiome vaginal avec des bactéries protectrices et d'aider le corps à rester en bonne santé par lui-même, explique l'UCLouvain.
Les chercheurs ont ainsi analysé, lors d'essais cliniques, l'efficacité d'un traitement combinant antibiotiques et probiotiques afin de renforcer cet environnement fragilisé.
Dans le cadre de l'essai VIBRANT (Vaginal lIve Biotherapeutic RANdomized Trial), mené auprès de 90 femmes, les participantes ont reçu des antibiotiques associés à des comprimés de bactéries Lactobacillus crispatus - naturellement présentes dans le microbiome vaginal - ou à un placebo.
Les résultats sont prometteurs : un traitement à base de probiotiques d'une semaine suffirait à réintroduire dans le vagin des bactéries protectrices, réduisant les risques de récidive.
Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Cell Host & Microbe.
L'équipe prévoit d'autres essais cliniques afin d'optimiser le traitement et d'obtenir l'autorisation pour la fabrication de cette biothérapie.
"Au-delà des implications cliniques, l'essai offre un aperçu rare des mécanismes biologiques du microbiome vaginal, permettant de pallier l'ignorance actuelle en matière de biologie fondamentale de l'environnement vaginal, dû au peu d'études financées sur le sujet", ajoutent les chercheurs.

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