« Pour chaque tranche de 100 euros versée à une personne en incapacité de travail, elles récupèrent 108 euros. » Par cette déclaration dans l’émission flamande de la VRT, Terzake, l’ancien haut fonctionnaire et médecin de l’INAMI Roger Toelen a relancé le débat sur les malades de longue durée. Selon lui, les mutualités tirent un avantage financier de leur rôle d’organisme payeur des indemnités d’incapacité de travail. « Chaque incapacité de travail qui n’est pas prolongée coûte de l’argent à la mutualité », a-t-il affirmé.
Le président de la Mutualité chrétienne (MC), Luc Van Gorp, a immédiatement réagi en qualifiant cette analyse de « totalement fausse ». Lors de l’audition parlementaire consacrée aux malades de longue durée, il a également nié toute influence des mutualités sur les médecins-conseils. « S’il est vrai qu’en tant que président de la MC, j’ai un jour donné des instructions à mon directeur médical sur la manière dont les médecins de contrôle doivent travailler, alors vous pouvez mettre ma tête sur le billot », a-t-il déclaré.
Près de trente ans à l’INAMI
Roger Toelen a travaillé près de trente ans à l’INAMI, où il a occupé la fonction de conseiller général, juste en dessous de la direction. Au cours de sa carrière, la question de l’incapacité de travail a constitué un dossier central. Dans Terzake, il a décrit un système dans lequel les médecins-conseils subiraient une pression structurelle et ne pourraient pas exercer leur mission en toute indépendance.
« Durant toute ma carrière, j’ai vu des médecins-conseils plier sous la pression des mutualités », a-t-il déclaré. « J’ai connu des médecins convoqués parce qu’ils avaient mis fin à l’incapacité de travail de certains affiliés ou refusé de la reconnaître. »
Selon lui, ce malaise existe depuis des années. Roger Toelen a évoqué plusieurs tentatives de médecins-conseils visant à quitter les mutualités pour être intégrés dans une agence indépendante. « À trois reprises, j’ai vu une délégation de médecins-conseils demander à être retirée des mutualités. Cela a toujours été refusé, sans explication. »
L’ancien responsable de l’INAMI a également utilisé des termes très durs pour décrire leur situation. « Ce sont des personnes hautement qualifiées qui travaillent dans une forme d’esclavage », a-t-il affirmé dans Terzake. « Un esclavage intellectuel. »
« Une source de revenus »
Roger Toelen a également critiqué le modèle financier lié à l’incapacité de travail, estimant que les mécanismes actuels créent des incitants problématiques. « Ces 8 % de frais administratifs font de l’incapacité de travail une source de revenus », a-t-il déclaré.
Luc Van Gorp a rejeté cette analyse, affirmant également dans Terzake que l’influence sur les médecins de contrôle « n’est absolument pas » la manière dont fonctionne la MC.
Le VAS et l'UBPS plaident pour une agence indépendante
Le Vlaams Artsensyndicaat , l'aile flamande de l'ABSyM-BVAS, estime que les déclarations de Roger Toelen confirment des problèmes structurels dénoncés depuis longtemps dans le secteur. Dans un communiqué, le syndicat considère que ses propos « sur la pression exercée sur les médecins-conseils et sur la position dominante des mutualités dans le système montrent que le problème dépasse largement les erreurs individuelles ou les divergences d’interprétation ».
« Lorsque les médecins-conseils eux-mêmes demandent depuis des années à pouvoir travailler pour une agence indépendante, il devient difficile de continuer à affirmer que le système actuel fonctionne correctement », poursuit le syndicat. « Il ne s’agit pas de quelques dérives isolées, mais de faiblesses structurelles protégées politiquement pendant des années. »
Pour l’UBPS, ces révélations confirment ce que de nombreux prestataires de soins dénoncent depuis longtemps : le système des incapacités de travail est devenu excessivement opaque, politisé et concentré entre les mains d’acteurs institutionnels cumulant des fonctions incompatibles. "L’évaluation des maladies de longue durée doit être retirée aux mutuelles et confiée à une structure totalement indépendante disposant d’une gouvernance transparente, d’experts médicaux indépendants, de critères publics scientifiquement validés et d’un contrôle démocratique clair." réclame mardi dans un communiqué l'organisation.
Roger Toelen plaide lui aussi pour la création d’une agence indépendante regroupant les médecins-conseils en dehors des mutualités. « Je ne vois aucun argument rationnel pour les y maintenir », avait-il déclaré auparavant. « Aujourd’hui, plus de trois cents médecins répartis entre cinq mutualités effectuent le même travail. Cela pourrait être organisé de manière plus efficace et moins coûteuse. »









Derniers commentaires
Bernard Van Lierde
18 mai 2026Tout a fait accord avec Toelen qui a travaillé durant 30 ans a L'INAMI. Il est EVIDENT qu il connait bien son sujet et n a plus rien a perdre et la réaction immediate de Van Gorp des MC qui rejette en bloc tout en ne prouvant rien ( comme si on allait le croire sur parole le pauvre) renforce encore ce que dit Mr Toelen.
Les mutualites et en particulier la mut socialiste ont constitué un trésor de guerre de plus de 6 milliards d'euros PLACÉS en plus des innombrables hôtels pharmacies polycliniques en tous genre et viennent roucouler comme défenseurs des ́plus vulnérables ́la bouche en coeur comme d habitude alors qu elles s en contrefichent des plus vulnérables.
Les mutuelles serails d innombrables hommes politiques dans ce pays doivent DISPARAÎTRE.
Autre chose les spécialistes doivent être rémunérés salariés de la MEME manière dans ce pays.
Robin GUEBEN
12 mai 2026La corruption du secteur social s'effondre d'elle-même, c'est génial ! L'UBPS-BUG n'est même pas constituée en syndicat pour pouvoir collecter des chiffres pour dénoncer ce dont on se doutait depuis longtemps, qu'il aura fallu une simple prise de conscience de dépenses en crise budgétaire de l'État pour que tout s'effondre ! Un toc-toc-toc-qu'est-ce-qu'il-y-a-là sur un château de cartes : génial, génial, génial !