La 33e Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI 2026) s'est tenue du 22 au 25 février 2026 à Denver, dans le Colorado (États-Unis), sous la forme d'un événement hybride.
La simplification des traitements antirétroviraux via un passage vers une thérapie duale constitue une stratégie de plus en plus utilisée chez les personnes vivant avec le VIH virologiquement contrôlés sous trithérapie classique. Si cette approche vise à réduire l’exposition médicamenteuse tout en maintenant l’efficacité virologique, leurs effets métaboliques, notamment sur le poids, restent encore imparfaitement documentés. Menée en Afrique subsaharienne, l’étude MODERATO, présentée à la CROI 2026, avait pour objectif d’évaluer l’évolution pondérale après switch vers une thérapie duale d’entretien sans ténofovir comparativement au maintien d’une trithérapie standard.
Présentée dans le cadre de l’édition 2026 de la CROI, une nouvelle analyse basée sur la vaste cohorte internationale de l’étude REPRIEVE avait pour objectif principal l’évaluation de l’impact de la pitavastatine sur l’incidence de l’HTA chez les personnes vivant avec le VIH ainsi que l’association entre la survenue de cette HTA et le risque ultérieur d’événements cardiovasculaires majeurs.
Chez les personnes vivant avec le VIH, l’arrêt du ténofovir, comme, par exemple, lors d’un switch thérapeutique, peut théoriquement exposer au risque de réactivation ou de nouvelle infection par le virus de l’hépatite B (VHB). Basée sur la population de la vaste cohorte américaine CNICS, une étude, présentée lors de la CROI 2026, montre que ce risque est très faible tout en soulignant l’importance du dépistage sérologique et de la vaccination avant toute modification thérapeutique au sein de cette population à risque.
L’émergence de mutations de résistance aux inhibiteurs d’intégrase demeure une préoccupation majeure pour la prise en charge des patients en échec thérapeutique. VH-184 est un inhibiteur d’intégrase de troisième génération actuellement en développement avec la perspective d’une formulation injectable à action prolongée. L’étude présentée lors de la CROI 2026 avait pour objectif d’évaluer l’activité antivirale de ce composé face à des virus VIH porteurs de mutations associées à une résistance aux inhibiteurs de l’intégrase de seconde génération.
Présentés à la conférence CROI 2026, les résultats finaux de l’étude ANRS-PREVENIR constituent l’une des analyses les plus complètes de l’utilisation de la PrEP en conditions de vie réelle. Menée pendant 8 ans en région parisienne, elle vient confirmer l’efficacité virologique et la bonne tolérance de la PrEP orale qu’elle soit prise quotidiennement ou «à la demande». Toutefois, les résultats mettent en lumière des inégalités persistantes d’accès à la prévention du VIH selon l’origine et le genre.
Longtemps considéré comme rare chez les personnes vivant avec le VIH, le cancer de l’oropharynx apparaît désormais comme une réalité clinique plus fréquente selon les résultats d’une vaste étude américaine présentée lors de la CROI 2026 qui objectivent une augmentation marquée de son incidence au cours des vingt dernières années et ce, tout particulièrement, auprès des hommes hétérosexuels vivant avec le VIH.
Présentés par le Pr Chloe Orkin (Queen Mary University, London) dans le cadre de l’édition 2026 du congrès de la CROI et publiés simultanément dans The Lancet, les résultats de l’étude de phase III ARTISTRY-1 montrent que l’association du bictegravir 75mg et du lénacapavir 50mg sous forme d’un comprimé unique en prise orale pourrait, dans un avenir proche, constituer une stratégie de simplification pour les patients vivant avec le VIH sous schémas thérapeutiques complexes.
Lors de l’édition 2026 de la CROI, les résultats d’une analyse, à 96 semaines de suivi, d’un sous-groupe de l’étude PASO DOBLE, montrent que le passage vers une thérapie duale associant dolutégravir/lamivudine (DTG/3TC) était associé à une plus faible fréquence de survenue de stéatose hépatique comparativement au passage vers la trithérapie classique associant bictégravir/emtricitabine/ténofovir alafénamide (BIC/FTC/TAF) chez des adultes vivant avec le VIH présentant une charge virale indétectable.
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