Be.hive : la nouvelle chaire interuniversitaire en soins de 1ère ligne

La première chaire interuniversitaire francophone en soins de 1ère ligne, « Be.hive », est sur les rails. Elle rassemble 3 universités (ULiège, ULB, UCLouvain), autant de hautes écoles (HELB, Hénallux, Haute Ecole Léonard de Vinci) et des acteurs de terrain. Son ambition ? Optimiser et renforcer la 1ère ligne. L’éclairage de Thérèse Van Durme, coordinatrice.

La chaire est attachée à l’UCLouvain. Elle possède une homologue flamande tout aussi fraîchement lancée. Chacune bénéficie d’un soutien de 2,5 millions durant 5 ans, grâce au Fonds Dr Daniël De Coninck (Fondation Roi Baudouin) qui œuvre à la qualité des soins de 1ère ligne . Thérèse Van Durme, docteur en santé publique à l’Institut louvaniste de recherche Santé & Société, orchestrera le travail des partenaires.

« Cette année, toutes les ressources vont se concentrer sur une gap analysis, avec une consultation à large échelle des acteurs-clefs du système : citoyens (en bonne santé ou patients), aidants, professionnels de 1ère ligne – dont les MG, pharmaciens, dentistes, infirmiers, kinés, aides-soignants etc., et les politiques. Elle sera suivie d’ateliers d’écriture, avec ces protagonistes, pour produire, dans un an, un ‘Livre blanc pour une 1ère ligne forte’, énonçant les barrières et les pistes identifiées. »

Les défis attendant le système, on les connaît :  vieillissement, explosion du chronique… alors que la 1ère ligne est fort fragmentée et pas toujours très coordonnées. Cette experte ès organisation des soins le rappelle : « il y a un consensus international sur le besoin d’une 1ère ligne forte. Les priorités de financement devraient être repensées. A ce jour, le modèle reste dominé par l’hospitalier et le curatif. Pourtant, beaucoup d’hospitalisations seraient évitées si la 1ère ligne - qui, attention, ne travaille pas mal - recevait davantage de moyens. »

La chaire se veut inclusive, ajoute Thérèse Van Durme. « En médecine générale, par exemple, on a les médecins en mode libéral et les maisons médicales. On en est persuadé : les deux ne doivent pas s’exclure mais coexister. » L’amour fou ne règne pas toujours entre les modèles et métiers. Peu de prestataires se déclareraient sur papier contre l’interdisciplinarité mais, quand il y a des intérêts particuliers en jeu, ne voit-on pas poindre une désolidarisation ? « Avec notre posture de chercheurs, nous avons l’espoir que la chaire constituera un ‘safe space’ où discuter sans tabou et sereinement, en mettant ces intérêts de côté. »

La coordinatrice insiste sur la dimension participative de la chaire. « Impliquer le terrain, patients et médecins (notamment), dans la recherche n’est pas la voie la plus facile, ni la plus rapide. Mais les résultats s’appliquent souvent plus aisément car ils sont proches des pratiques. » Les priorités qui se dégageront de la consultation vont orienter les recherches et l’enseignement : « on va former les prestataires du futur pour un système de santé viable ».

La chaire a été baptisée ‘Be.Hive’, hive signifiant « une ruche, qui génère de nouvelles connaissances par une intelligence collective ». Ce sera un creuset à idées et expériences, aussi, « capitalisant sur les nombreuses initiatives de terrain intéressantes ».

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