Un mécanisme diabolique a failli compromettre la force de frappe des syndicats

Un petit changement dans le dernier accord a manqué de peu de raboter de plusieurs centaines de milliers d’euros le budget de ceux qui défendent vos intérêts. Heureusement, ce mécanisme diabolique a pu être désamorcé juste à temps – grâce, une fois n’est pas coutume, à la lenteur du processus de prise de décision. L’affaire souligne toutefois une nouvelle fois combien il est important de voter!

Depuis les dernières élections syndicales, les syndicats médicaux ne sont plus financés uniquement par un montant fixe (1,1 million au total, à répartir entre eux) mais touchent un budget de base de 125.000 euros auquel s’ajoute une somme variable en fonction du nombre de votes.

Lors du dernier accord (celui du 18 décembre 2017), une petite modification s’est toutefois insidieusement glissée dans ce mécanisme de répartition. Sur la base du résultat du dernier scrutin, il avait été calculé que chaque vote valide devait rapporter 54,45 euros par syndicat, et ce montant a été entériné et couplé au taux de participation aux élections 2018.

À moins de voir s’infléchir sans tarder le faible taux de participation, le total serait toutefois cette année d’environ 13.000 votants, contre près de 20.000 lors des dernières élections, ce qui correspond à une perte de revenus de 350.000 à 400.000 euros pour l’ensemble des syndicats. La conséquence? Moins de moyens de fonctionnement et donc une force de frappe nettement rabotée pour ceux qui vous défendent.

Intercepté de justesse

Heureusement, le problème a été découvert juste à temps par l’ABSyM, qui a interpelé Jo De Cock (Inami) à ce sujet lors de la médicomut de cette semaine – une nouvelle crise dont l’administrateur général de l’Inami se serait sans doute bien passé après le début tumultueux et le déroulement un brin chaotique du vote. Heureusement, il s’est avéré que le projet d’AR qui aurait dû entériner le changement n’avait pas encore été publié au Moniteur : lentes procédures aidant, il se trouvait encore pour avis au Conseil d’État, où il a pu être intercepté de justesse.

Une nouvelle preuve que ceux qui vous défendent et veillent sur vos intérêts sont plus que jamais nécessaires. Voter demande peut-être un petit effort, mais ce n’est qu’à ce prix que vous pourrez protéger vos intérêts et ceux de vos collègues. Évitez donc tout risque que votre syndicat ne voie ses moyens de fonctionnement sérieusement réduits en boostant le taux de participation et, du même coup, leur représentativité. Votez tant qu’il est encore temps ! Le scrutin se terminera ce 2 juillet 2018 à minuit.

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Derniers commentaires

  • Jean-Luc JACQUEMART

    01 juillet 2018

    Et si ce BUG intéressant avait été un BUG intérressé ? ?