Hypertension : et si vous rendiez vos patients accros à leur traitement ?

Des chercheurs ont mis au point une application mobile sur smartphone pour suivre et aider des personnes souffrant d’hypertension. Ils ont ensuite mesuré l’impact de celle-ci sur l’adhérence au traitements de ces patients.

La question de la compliance au traitement en cas de maladie chronique constitue un véritable défi pour les cliniciens. L’hypertension artérielle est probablement l’une des premières maladies qui est concernée…

En effet, les patients ressentent peu les effets de l’hypertension à court ou moyen termes, ce qui constitue pour eux une raison suffisante pour ne pas se soigner, mais, en plus, ils peuvent subir les effets secondaires des traitements entrepris.

Or de plus en plus de personnes et donc de patients deviennent accros à leur smartphone et aux nombreuses applications qu’ils ont installées. Il n’en fallait pas plus pour créer une application qui permettrait aux patients de mieux suivre leur traitement.

Des chercheurs ont donc mis au point une application mobile pour smartphone et ont randomisé des patients hypertendus (n=411) en 2 groupes équivalents : les uns utilisant l’App et les autres servant de contrôles. L’application permet aux patients de bénéficier d’alertes de rappel, de suivi de leur adhérence et d’un support par des paires.

Baisse de pression

Les objectifs primaires étaient d’analyser ce qui avait changé en termes d’adhérence au traitement entre la semaine 0 et la semaine 12 ainsi que les modifications de pression sanguine systolique. Sur l’ensemble, la moyenne d’âge était de 52 ans et le BMI de 35,5 kg/m². En tout, 209 patients ont fait partie du groupe ayant bénéficié de l’application.

Le score d’adhérence au traitement dans le groupe avec smartphone  s’est légèrement amélioré dans le groupe smartphones et est resté identique aux valeurs de départ dans le groupe contrôle.

La pression systolique moyenne de départ dans le groupe avec smartphone était de 151,4 mm Hg et de 151,3 mm Hg dans le groupe contrôle. 

Après 12 semaines, la pression systolique moyenne s’est améliorée de 10,6 mm Hg dans le groupe smartphones et de 10,1 mm Hg auprès des contrôles. La différence est donc trop ténue que pour être significative.

Malgré tout, les auteurs estiment que la meilleure adhérence au traitement pourrait avoir des effets bénéfiques à long terme auprès des patients avec l’application pour smartphones par rapport aux autres, car ceux-ci ont modifié leurs habitudes de traitement de manière peut-être plus durable. L’avenir le dira…

> Association of a Smartphone Application With Medication Adherence and Blood Pressure Control The MedISAFE-BP Randomized Clinical Trial JAMA Internal Medicine

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