Elections de l’Ordre: le vote électronique, comme sur du velours…?

Pour la première fois, les élections ordinales se déroulent en mode électronique. Quelques échos de difficultés rencontrées par les votants, diffus ou précis, sont parvenus à la rédaction. S’agit-il de cas isolés ou le système met-il à contribution la patience des médecins? L’Ordre admet 300 SOS reçus via l’adresse de contact qu’il a créée pour la circonstance. «Cela représente 6% de demandes par rapport au nombre de votes émis.»

Medi-Sphere a, ces derniers temps, eu vent de difficultés rencontrées par le corps médical pour s’acquitter de son devoir électoral ordinal. Apparemment, malgré toutes les mises à l’épreuve auxquelles les deux vice-présidents rapportaient avoir soumis leur nouveau système (lire Medi-Sphere n°526), les votants essuient quelques problèmes techniques. Parfois au point de laisser tomber, quitte à se faire tancer par un blâme, comme nous l’écrivait un lecteur. Cette personne, généraliste de son état, manifestement de bonne volonté, se décrivant comme consciencieuse et pas rétive à l’informatique en général et médicale en particulier, confiait son exaspération d’avoir tenté, en vain, d’élire les membres de son conseil provincial.

 «Je télécharge Java, je ne parviens absolument pas à vérifier la version. Je recommence plusieurs fois, j’efface les versions obsolètes, je ferme le navigateur, toutes les fenêtres… Il doit y avoir un blocage de sécurité. (…) Je ne suis pas informaticienne, je ne me débrouille pas trop mal avec mon PC, je pratique l’e-santé comme c’est recommandé au prix d’une concentration et d’une énergie folle, à vérifier avoir coché la bonne case, sans oublier une validation, à guetter les messages d’erreur sur MyCarenet, à renvoyer un patient chercher sa carte d’identité dans sa voiture (…).» Au final, le découragement l’emporte - «j’en ai assez maintenant de passer mes soirées à essayer de voter pour l’Ordre, au lieu de passer du temps avec ma famille». D’autant que l’informatique semble déjà avoir envahi le colloque singulier: «sur une journée, je passe plus de temps devant mon PC qu’avec mes patients!»

Apprendre d’une première expérience

Medi-Sphere a questionné l’Ordre pour voir si cette mésaventure était isolée. Le Conseil national, par la voix de son président Benoît Dejemeppe, admet avoir «reçu environ 300 demandes d’aide via l’adresse de contact elections@ordomedic.be, accessible via la plate-forme Internet des élections électroniques https://e-voting.ordomedic.be» [chiffres recueillis au 5/10/16, ndrl]. A ces SOS par mail s’ajoutent «un certain nombre» de demandes téléphoniques «pour lesquelles nous ne disposons pas de chiffres précis à ce jour».

D’après l’Ordre, les demandes sont diverses: «données d’identification du médecin incorrectes (par exemple le numéro Inami); difficulté en rapport avec l’installation du logiciel eID Java, logiciel extérieur à notre système; pas de lecteur de carte d’identité; code PIN de la carte d’identité inconnu; pas de carte d’identité électronique; difficultés rencontrées par les utilisateurs de Windows 10 et du logiciel de navigation Edge, lequel ne permet pas la lecture de la carte d’identité; perte de la brochure explicative…»

L’Ordre a-t-il dû activer beaucoup de «plans B», avec ce code unique envoyé par SMS? (lire Medi-Sphere n°526). «La lecture de la carte d’identité requiert un logiciel de navigation, un lecteur eID et le logiciel de lecture Java. Le médecin doit également disposer de son code PIN. Lorsqu’un des éléments fait défaut ou pose problème, la procédure de back-up est activée», nous répond l’Ordre sans quantifier ces cas de figure.

Benoît Dejemeppe garantit encore que, sauf le week-end, toutes les questions posées ont reçu une réponse dans les 24 heures. Le dispositif d’aide n’a pas été renforcé: «à ce jour, la capacité du helpdesk est suffisante pour répondre aux questions posées par écrit ou oralement». Et il insiste sur la disponibilité de ses services et de ceux des conseils provinciaux de 9h à16h00 pour apporter aux confrères «de manière efficace et conviviale toute l’aide nécessaire».

Le Conseil national se déclare décidé à tirer les leçons de cette première expérience d’e-voting: «les demandes d’aide reçues nous permettront d’évaluer les améliorations à apporter au système ou aux explications inhérentes à sa mise en œuvre, pour les prochaines élections». Le taux de participation sera aussi, vraisemblablement, un indicateur intéressant. 

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