«Les médecins sont exclus du processus de constitution 
des réseaux hospitaliers» (Dr J.-L. Demeere)

Lors du Congrès du GBS - «Le paysage hospitalier en mutation» - qui s’est tenu à la Bibliothèque royale à Bruxelles samedi passé, le Dr Jean-Luc Demeere, président du GBS affirmait: «Les médecins sont totalement exclus du processus de constitution des réseaux hospitaliers».
L’arrivée des réseaux hospitaliers aura un impact important pour tous les médecins spécialistes et sur l’avenir des hôpitaux. Lors du Congrès du GBS qui s’est tenu à la Bibliothèque royale à Bruxelles, les intervenants étaient unanimes sur cette question même s’ils n’avaient pas toutes et tous les mêmes réponses à apporter aux questions des médecins spécialistes. Ces derniers doivent actuellement composer avec de nombreuses interrogations que Jean-Luc Demeere, président de GBS, a résumées en une phrase sans équivoque: «Les médecins sont totalement exclus du processus de constitution des réseaux hospitaliers. Les gestionnaires hospitaliers gèrent les affaires». Justement, ces gestionnaires sont sur le gril au vu des nombreuses situations financières délicates surtout au sud du pays.
L'hôpital doit avoir un résultat positif
Pour Geert Gielens, chief économiste de Belfius, la banque qui chapeaute l’enquête MAHA, «la rentabilité de l’hôpital est devenue quasi dépendante de la taille de son activité de dialyse, de son laboratoire et de la pharmacie!». Il pointe du doigt les responsables financiers: «L’hôpital doit avoir un résultat financier positif en fin d’année. Il doit se créer une réserve. Il ne doit pas devoir demander des moyens au gouvernement». Les réformes en cours sont indispensables selon les différents acteurs. De son côté, Jo Vandeurzen, ministre flamand de la Santé publique «n’est pas pessimiste sur l’avenir des soins de santé», toutefois il est très clair: le stand still n’est pas possible! Il annonce même pour la Flandre «un livre vert sur les investissements et les normes pour stimuler le secteur».

Rassurer les médecins
Face aux différents acteurs, Alda Greoli, ministre wallonne de la Santé a rappelé qu’il «faut rassurer les hôpitaux et les médecins face aux perspectives, protéger la liberté de choix du patient, et donner aux gestionnaires plus d’autonomie de gestion. Je ne veux pas du modèle hollandais. La liberté thérapeutique n’est pas négociable. Il faut par ailleurs augmenter la participation des médecins dans la gestion des hôpitaux». Elle se refuse à «imaginer que la question des soins de santé se résume à un volet financier» et elle a annoncé des investissements dans les hôpitaux en Wallonie entre 1,3 et 1,6 milliard. Elle n’est toutefois pas contente du travail des directions hospitalières justement au niveau des nouveaux plans de rénovation des institutions: «Je vais rencontrer très prochainement tous les acteurs parce que ce que j’ai reçu comme projets de rénovation ne tient pas compte de l’évolution des réseaux. Cela n’a pas de sens de débloquer des moyens supplémentaires dans ce contexte». A ce sujet, si tout paraît clair en province de Liège, de Luxembourg et de Namur, un doute semble encore subsister dans le Hainaut: «3 ou 4 réseaux», selon elle.

En attendant, elle se veut rassurante: «Dès que la loi sur les réseaux sera promulguée, je suis prête à agréer les réseaux».

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