«Mieux défendre les candidats spécialistes!»

En juin, de nombreux étudiants de la double cohorte ont obtenu leur diplôme. Beaucoup d’entre eux, non acceptés dans leur spécialité, ne trouvent pas de maître de stage en médecine générale. Une situation difficile pour ces jeunes diplômés qui ne demandent qu'à travailler et combler une pénurie criante. Les associations officielles de représentation et de défense des médecins en formation de l’ULB, de l’UCL et de Liège ont donc décidé d’unir leurs forces en formant un nouvel organe unique en Fédération Wallonie-Bruxelles: le CIMACS. Présentation.

Le CIMACS est lancé. «Nous voulons soutenir la qualité du travail des candidats spécialistes.» Il s'attaque aussi à la problématique de la double cohorte: «Il est inacceptable que les universités n'assument pas la formation jusqu'au bout. Il faut des stages pour chaque étudiant, et rémunérés», selon le Dr Lechien.

Le Comité Interuniversité des Médecins Assistants Candidats Spécialistes de Belgique francophone, CIMACS, voit le jour aujourd'hui, comme nous vous l'avions annoncé en primeur en février dernier. Les associations officielles de représentation et de défense des médecins de l’ULB, de l’UCL et de Liège ont décidé d’unir leurs forces comme l'explique Jérome Lechien, 30 ans, médecin candidat spécialiste en ORL et chirurgie cervico-faciale à l’ULB et docteur en sciences médicales de l’UMONS qui occupera la fonction de président: «Face à la pénurie qui s'aggrave, à la problématique des examens d'entrée et au choix de la ministre De Block de restreindre l'accès aux médecins étrangers, nous devons agir. Toutes ces mesures vont avoir un impact majeur sur les jeunes médecins et leur avenir professionnel.»

Les problèmes avec la hiérarchie

A la tête du CIMACS, on retrouvera également le secrétaire général, le Dr Charles Pottier, 25 ans, médecin candidat spécialiste en médecine interne à l’ULg et le trésorier, le Dr Valentin Coutant, 27 ans, médecin candidat spécialiste en psychiatrie à l’UCL. «Il y a un message très important que l'on veut faire passer. On ne veut pas travailler moins mais mieux. Nous tenons à la qualité des soins donnés par les médecins à leur patient.»

Le CIMACS sera soutenu sur le plan logistique et financé par le Comité InterUniversitaire des étudiants en Médecine (CIUM): «C'est un aspect essentiel pour nous. Cela nous permettra de bien travailler comme structure de conseils et de soutiens juridiques aux jeunes médecins victimes d’abus dans leur pratique. Nous constatons que de plus en plus de spécialistes en formation ont des problèmes avec leur hiérarchie dans les hôpitaux. Nous pourrons les aider dans leur défense, grâce au service juridique.»

Il est conscient que les hôpitaux ont aussi leur problème: «Ils ont eux-mêmes la corde au cou. Le monde politique porte une responsabilité importante à ce niveau. Cela n'empêche que les hôpitaux doivent privilégier la qualité des soins.»

Étudier les cas de burn out

L'organisation a également prévu une large étude scientifique objectivant et évaluant les signes d’épuisement émotionnel, de stress, et de burn out chez les jeunes médecins et ce, en regard de leurs conditions de travail et de divers autres facteurs sociologiques. «Sur base des résultats de cette étude, nous élaborerons des pistes d’amélioration de nos conditions de travail que nous soumettrons aux politiques en vue des élections régionales et fédérales de 2019.»

Enfin, le CIMACS entend procéder à l’évaluation de la qualité de la formation des jeunes médecins. «Nous voulons évaluer les stages de formation des jeunes médecins et proposer des aménagements afin de renforcer la qualité de ceux-ci. Je veux être un bon chirurgien, en ne comptant pas mes heures de travail, lorsqu'il le faut, mais en maîtrisant les excès de charges administratives notamment.»

Ils vont également travailler sur la problématique de la double cohorte avec les jeunes médecins non acceptés dans leur spécialité qui ne retrouvent pas de maître de stage en médecine générale. «Il est inacceptable que les universités n'assument pas la formation jusqu'au bout. Il faut des stages pour chaque étudiant, et rémunérés. Certains étudiants évoquent des propositions de stage non-rémunérés, on dénonce cette pratique. On ne peut l'accepter.»

Le travail ne manque donc pas pour le CIMACS dans les semaines à venir...

 

Pour votre information, le conseil d’administration sera renforcé par des représentants locaux et nationaux:

- Le Dr Hélène Legrand, 28 ans, candidate spécialiste en pédiatrie, responsable relations extérieures et coordination avec les syndicats de MACS flamands.

- Le Dr Yael Langman, 27 ans, médecin candidate spécialiste en médecine interne à l’ULB, relais local ULB.

- Le Dr Chloe Geerts, 28 ans, médecin candidate spécialiste en pédiatrie à l’UCL, et le Dr Hélène Reul, médecin candidate spécialiste en gynécologie, relais locaux UCL.

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