Les syndicats médicaux sont-ils encore représentatifs?

Ils ont été nombreux à être choqués par les déclarations de la ministre Maggie De Block dans le journal flamand De Tijd sur le fait que «les syndicats médicaux sont à la limite de la représentativité».
Coup de tonnerre dans le monde de la concertation des soins de santé: ce que Maggie De Block pensait tout bas depuis des mois a été écrit en toutes lettres dans De Tijd: «Les syndicats médicaux sont à la limite de la représentativité. Notre modèle de concertation est sur le point d’exploser». Punt aan de lijn.

Les différents patrons des syndicats représentant les médecins n’ont pas caché leur colère. «On est représentatif mais je sais que la tentation existe de plus en plus en Flandre de travailler sans les syndicats», explique le vice-président de l’Absym Jacques de Toeuf. «Sur le terrain, on passe des heures à négocier pour l’avenir des soins de santé, mais les médecins ne s’en rendent pas toujours compte. Par contre, lorsque, comme récemment dans un hôpital, ils ont un problème, ils appellent tout de suite le syndicat. On leur dit gentiment qu’ils ne sont pas en ordre de cotisation... et ils nous disent qu’ils croyaient l’avoir payée

Propos déplacés et inacceptables
Pour étayer ses propos, la ministre des Affaires sociales s’appuie notamment sur les mauvais résultats des élections électroniques. Cela fait bondir Marc Moens, président de l’Absym: «Ses propos sont totalement déplacés et inacceptables. S’il est vrai que seuls 24% des médecins ont voté lors des dernières élections médicales, il faut toutefois souligner que ces élections ne sont pas obligatoires et se sont déroulées de manière chaotique. L’Absym a remporté 58% des suffrages, ce qui correspond à 14% des médecins disposant du droit de vote». A cela il faut ajouter que la fin du vote papier a perturbé les médecins plus âgés: «20% des médecins n’avaient 
pas de connexion électronique», ajoute Jacques de Toeuf.
De son côté, Paul De Munck, président du GBO, n’est pas surpris par cette déclaration. Pour lui, «la ministre est enfin claire et explicite. Elle veut poursuivre son détricotage de la concertation. Elle n’a rien fait pour renforcer la représentativité de la profession». Paul De Munck rappelle que tous les professionnels de santé sont concernés: «Le plus bel exemple à notre niveau est celui des postes de garde. On nous présente un budget dont on ne sait rien». A elle, selon lui, à présent de faire des nouvelles propositions de concertations. «Je la défie de mettre en place un autre système démocratique de concertation. Par contre, on peut s’étonner de voir une ministre libérale ne pas soutenir ou apprécier le représentativité libérale de la profession.»
Pour lui, des solutions existent pour rapprocher les médecins des syndicats: «Il faut entamer le dialogue avec les médecins sur cette question en amont de leur formation. Ils doivent plus s’intéresser au grand débat sociétal et à leur responsabilité en la matière».

Pas de doute. Le débat ne fait que 
commencer.

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