Burn out des assistants médecins: «savoir dire stop!»

Pour Peter Cogen, psychothérapeuthe, la seule solution à long terme est de changer en profondeur la culture de l’apprentissage de la médecine dans les hôpitaux. « Les assistants sont trop exploités. Parallèlement, il faut évidemment plus de médecins parce que le numerus augmente le risque de burn out. »

Vous avez beaucoup de médecins dans votre patientèle ?

« J’ai plus de patients médecins qu’infirmiers parce qu’ils sont plus isolés dans leur pratique professionnel. Au sein des médecins, j’ai plus de médecins spécialistes que généraliste pour la même raison. La pratique de groupe réduit le risque de burn out. On peut échanger sur ses difficultés face à certaines situations. »

Qu’est-ce qui provoque le burn out des assistants en médecine ?

« Aujourd’hui, on comprend que l’environnement, les exigences et l’organisation de la charge de travail provoque des burn out dans des professions comme celles des jeunes assistants en médecine. »

Que peuvent faire les assistants en médecin face au burn out ?

« Pour eux, dire « stop », c’est difficile parce qu’ils ont le diplôme au bout du chemin. La seule solution à long terme est de changer en profondeur la culture de l’apprentissage de la médecine dans les hôpitaux. Les assistants sont trop exploités. Parallèlement, il faut évidemment plus de médecins parce que le numerus augmente le risque de burn out. Il provoque une compétition malsaine dès le début et met une pression très forte sur de nombreux étudiants. Cela crée une fragilité à long terme sur le futur médecin. »

Les hôpitaux pourraient jouer un rôle ?

« Au niveau de la prévention, les institutions hospitalières doivent tant pour le burn out que pour le suicide diffuser des messages attirant l’attention des risques liés à la surcharge de travail. Cela ne se fait pas encore assez aujourd’hui. »

Et les assistants que pourraient-ils faire en matière de prévention ?

« De leur côté, les assistants médecins peuvent aussi mieux prévenir le risque de burn out en se préservant une vie privée en dehors de l’hôpital et en dehors de leur amis médecins stagiaires. Pour se préserver des risques de burn out, ils doivent voir des amis ou de la famille qui leur permettent de relativiser leur situation quotidienne difficile. Attirer leur attention sur le fait que dans tel ou tel cas, ils vont peut-être trop loin. »

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