Un hôpital d’Alost lance un traitement du diabète par “pancréas artificiel”

Depuis début janvier , les premiers patients diabétiques de type 1 de l’OLV Ziekenhuis d’Alost ont eu l’occasion d’entamer un traitement au moyen d’un “pancréas artificiel”. D’après l’établissement, cette technique novatrice devrait améliorer leur contrôle glycémique de façon spectaculaire.

Les patients diabétiques de type 1 sont dépendants d’apports d’insuline externe, administrée par le biais de plusieurs piqûres quotidiennes ou à l’aide d’une pompe spéciale. Ils doivent apprendre à adapter quotidiennement la dose sur la base de mesures de leur glycémie, en tenant compte de leur alimentation et de leur niveau d’activité physique.

Avec les moyens actuels, ces ajustements ne seront jamais optimaux, parce qu’il y a toujours une foule de facteurs qui entrent en jeu et que la glycémie des diabétiques de type 1 connaît donc généralement des fluctuations très marquées”, explique le professeur Frank Nobels du service d’endocrinologie-diabétologie. “Ceci accroît le risque de valeurs trop élevées (hyperglycémies) ou au contraire trop faibles (hypoglycémies). L’hypoglycémie peut provoquer des malaises, des troubles de la concentration et même, exceptionnellement, des pertes de connaissance… et à plus long terme, elle peut aussi induire des complications de la maladie.

Le principe du pancréas artificiel repose sur une pompe à insuline guidée par un senseur qui détecte le taux de glucose dans le fluide sous-cutané”, explique le Dr Liesbeth Van Huffel du service d’endocrinologie-diabétologie. “Sur la base de ces mesures, la pompe administre ensuite la dose d’insuline ad hoc. L’administration d’insuline est pilotée par un algorithme qui est en partie capable d’auto-apprentissage grâce à l’intelligence artificielle. Le système fonctionne déjà largement de façon automatique, mais pas tout à fait – c’est pour cette raison que nous parlons ici d’un pancréas artificiel hybride. Le patient doit en effet encore introduire à chaque repas la consommation prévue de glucides, signaler la nécessité d’une administration réduite avant un effort physique et réagir à certaines alertes. Le traitement exige donc encore un coaching intensif de la part de l’équipe de prise en charge du diabète, certainement au début.

Les études et l’expérience engrangée aux États-Unis, où ce système est déjà commercialisé depuis quelques mois, n’en révèlent pas moins que ce système novateur améliore grandement le contrôle glycémique, avec à la clé sensiblement moins de fluctuations et un risque moindre d’hypoglycémies.

Les négociations autour du remboursement sont en cours dans notre pays”, précise encore le Pr Nobels. “En attendant, notre hôpital a la possibilité de proposer ce traitement à une dizaine de patients. Il devrait encore être affiné dans le futur et il ne fait aucun doute qu’il représentera un grand pas en avant dans le traitement du diabète de type 1.

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