e-Santé: «Il ne peut exister de bases de données centralisées» (Alda Greoli)

«Nous devons éviter la dépendance vis-à-vis d'un nombre trop restreint de fournisseurs de systèmes informatiques ou d'experts informatiques», dit Alda Gréoli, qui ajoute: «pour les big data, un cadre politique et juridique est nécessaire, notamment en ce qui concerne l'usage final des données, quels que soient leurs niveaux d'anonymisation».

Le Fédéral et les Régions se partagent la tâche dans l’échange électronique des données médicales. La Région wallonne, via le Réseau Santé Wallon, gère le flux et la sécurité des échanges dans le cadre de la stratégie fédérale d’interconnexion des systèmes de santé belges. «Plus d’un Wallon sur quatre y est inscrit, souvent par l’intermédiaire de l’hôpital. Cependant, le Réseau Santé Wallon ne contrôle pas ce que les hôpitaux wallons font de leurs données de santé, dont ils sont seuls responsables», s’inquiète la députée MR Valérie Warzée-Caverenne au Parlement wallon. Alda Greoli, ministre de la Santé, se veut très claire à ce niveau: «La conservation des données est réalisée par chaque professionnel de santé ou d'aide.» Ces données sont couvertes par le secret professionnel inscrit tant dans la législation fédérale ainsi que dans le Code wallon de l'action sociale et de la santé. «Il ne peut exister, selon nous, de bases de données centralisées où se retrouvent dans un même fichier les données de plusieurs professionnels ou de plusieurs patients et bénéficiaires», ajoute la ministre. 

Pas de dépendance

Pour elle, l'échange de données doit être la continuité de soins entre professionnels en lien de soin ou d'aide avec le patient ou le bénéficiaire, qui a donné son consentement éclairé et idéalement, explicite. En outre, la conservation des données par les professionnels de santé et d'aide est réglementée. «Par contre, en ce qui concerne les big data, un cadre politique et juridique est nécessaire, notamment en ce qui concerne l'usage final des données, quels que soient leurs niveaux d'anonymisation. Le sujet n'a pas encore été approfondi. J'estime que nous devons éviter la dépendance vis-à-vis d'un nombre trop restreint de fournisseurs de systèmes informatiques ou d'un nombre trop restreint d'experts informatiques, surtout pour des données aussi pointues et aussi importantes», précise-t-elle.

Les entreprises concernées 

Au niveau des liens avec le monde des entreprises, elle entend «faire en sorte que les innovations et initiatives prises répondent de façon adéquate et efficiente à des besoins de santé ou d'aide». Pour cela, le premier cercle, constitué du Réseau Santé Wallon, de l'Agence du Numérique et du cabinet de la ministre, a été élargi à un groupe d'experts notamment universitaires, ainsi que des experts dans l'accompagnement du développement et de la mise en œuvre des projets e-santé innovants. La phase suivante, à savoir l'élargissement au monde économique et industriel, sera initiée par la suite. Pour elle, «la confiance est la pierre angulaire dans la relation de soin et d'aide et, partant, dans l'utilisation des solutions e-santé par les professionnels».

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Derniers commentaires

  • Michel CERFONTAINE

    21 Novembre 2017

    1/ Ne nous leurrons pas. Le secret professionnel n'existe plus en tant que système de protection. Par contre, il sera toujours utilisé comme bras de levier d'un système répressif.
    2/ L'informatisation à outrance représente la porte d'entrée à l'e médecine (plus besoin de contact physique, ordonnances, dossiers, facturations adressés via informatique) et aux systèmes d'enveloppe par pathologie.
    3/ Une firme de logiciel va acquérir le monopole et une main mise sur la prescription (électronique) exerçant ainsi un droit totalitaire sur la profession.

  • Philippe JONGEN

    07 Novembre 2017

    Bonsoir,
    C'est avec grand intérêt que je prendrais connaissance de l'article cité; est-ce possible?

  • Marc TOMAS

    07 Novembre 2017

    Il serait opportun d'avoir aussi des représentants des patients dans ce premier cercle.
    Toute la vigilance doit être de mise au vu des conditions non remplies aujourd'hui notamment par le réseau de santé wallon, comme je l'ai souligné ainsi que d'autres auteurs dans le n° 86, 2017 de la revue Ethica Clinica dédié aux réseaux de soins