La Belgique double les Pays-Bas sur une innovation médicale

La Belgique semble avoir pris de vitesse les Pays-Bas afin de développer dans notre pays une nouvelle technologie en médecine nucléaire, rapporte aujourd'hui De Tijd.

L'IRE, l'Institut national des radio-éléments de Fleurus, a conclu un accord avec la société de technologies néerlandaise ASML pour développer une nouvelle méthode de production de radio-isotopes. 

Ces éléments nucléaires sont utilisés entre autres dans le traitement et le dépistage du cancer. La Belgique est un acteur majeur de la production de ces isotopes, prenant à son compte un quart de la production mondiale. Mais des déchets nucléaires sont générés lors du processus. La nouvelle méthode qu'a développée ASML permet d'éviter un tel inconvénient.

Bien que les Néerlandais étaient aussi conscients du potentiel de la nouvelle technologie, leur gouvernement n'était pas prêt à subsidier encore la recherche. La Belgique s'est donc positionnée. L'IRE a reçu 52 millions d'euros des autorités pour la dernière ligne droite de l'étude. L'Institut investit dans le même temps 250 millions d'euros dans les accélérateurs de particules pour la nouvelle production.

Une usine va être construite sur le terrain de l'IRE, où il est prévu qu'une production à l'essai débute en 2023, suivie d'une production normale en 2024.

Il est question d'une trouvaille qu'ASML a faite "accidentellement" il y a quelques années. A la recherche d'une future source de lumière pour les machines, les chercheurs de la société ont découvert qu'un certain faisceau d'électrons pourrait également être utilisé pour fabriquer l'isotope molybdène 99. Cette matière radioactive est utilisée dans les hôpitaux pour le diagnostic de maladies graves, telles que le cancer, lors de scanners.

Le monde médical a réagi de façon enthousiaste à cette découverte, qui a même obtenu le statut d'"icône nationale" de la part du gouvernement néerlandais. "Nous avons parcouru toutes les routes possibles aux Pays-Bas, mais n'avons pu obtenir aucun investissement", a expliqué ASML au Financieele Dagblad. 

Selon ce journal néerlandais, l'IRE investit lui-même plus de 100 millions d'euros dans la construction de deux lignes de production basées sur la technologie développée par le personnel d'ASML.

Le molybdène 99 n'est produit actuellement que dans des réacteurs nucléaires, qui sont obsolètes et nécessitent beaucoup d'attention et de maintenance. En conséquence, les isotopes médicaux ne sont pas toujours immédiatement disponibles pour les médecins et les patients. En Belgique, la production se fait actuellement à Fleurus mais aussi au Centre belge de recherche nucléaire de Mol.

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