Vaccination chez le MG: la France s’y met, et la Belgique?

Le 25 février est supposé marquer un tournant dans la stratégie vaccinale en France. La possibilité s’ouvre, pour les patients de 50 à 64 ans avec comorbidités, de se faire vacciner chez leur généraliste. « Le Collège milite pour la vaccination au cabinet », indique Christophe Barbut, le président du CMG. « Mais tant que les vaccins ne sont pas là, la question ne se pose même pas… »

Pour accélérer la vaccination, la France a décidé qu’il serait possible pour les 50-64 ans présentant un facteur de risque (obésité, diabète, hypertension compliquée, maladie respiratoire, cancer actif…) de se voir administrer le vaccin AstraZeneca chez leur médecin traitant, sans devoir se rendre dans un centre de vaccination. 

Les médias français, tout en soulignant la lenteur des approvisionnements et leur insuffisance par rapport au groupe cible, parlent de 700.000 doses attendues cette semaine. Elles seront acheminées vers les pharmacies de proximité, auprès desquelles les MG volontaires devront s’être manifestés par une pré-réservation. Dans un premier temps, chaque généraliste pourra recevoir un flacon de 10 doses, qui se conserve dans un réfrigérateur normal et peut être utilisé durant 48 heures après l’ouverture. La suite sera fonction des livraisons.

D’après Europe 1, l'engouement des généralistes est loin des espérances. Selon le média, « seulement 17.000 médecins généralistes ont passé commande sur 50.000 praticiens, soit à peine un praticien sur trois ». Et d’expliquer cette tiédeur d’une part par le fait que les autorités ont transmis tardivement l’info vers les MG, ne leur laissant que quelques jours pour s’organiser, et de l’autre par l’efficacité moindre du vaccin AstraZeneca, qui s’avère peut-être dissuasive.

Un syndicat comme MG France, en tout cas, indique à ses membres que « Vacciner au cabinet médical, ce n’est pas difficile ! ». Il conseille de « repérer les patients éligibles, en consultation ou à partir de son fichier patients » et de les « inscrire sur une plage de temps dédiée à la vaccination », en comptant 2 heures pour 10 patients.

Et en Belgique ? « Cela fait des mois que l’on dit aux autorités qu’il faudra nous confier des doses, dès que seront disponibles des vaccins moins contraignants en termes de conservation et de manipulation. On milite ouvertement en ce sens », affirme Christophe Barbut, le président du Collège de médecine générale (CMG).

« Les autorités ont beau tabler sur d’énormes centres de vaccination, on le dit et on le répète, une frange de nos patients ne s’y rendront pas. Mais pour l’instant, en raison des aléas logistiques qui rendent les doses non disponibles, le débat ne va pas plus loin. »

Il n’empêche qu’en prévision de cette éventuelle implication, souhaitable et souhaitée, « nous comptons, au CMG, commencer à informer les MG en matière de choc anaphylactique - il s’agit plutôt de rafraîchir leurs connaissances. Notre message sera : ‘si vous voulez vacciner, préparez-vous à gérer les effets secondaires’. Car il y en a, manifestement, principalement lors de la seconde injection. »

Le Dr Barbut ajoute que le CMG a demandé tant à la Cocom qu’à la Région wallonne de la transparence quant aux problèmes logistiques rencontrés. « Je cite souvent cette phrase de Jean Rostand : ‘l'obligation de subir nous donne le droit de savoir’.  On peut s’adapter à des changements dans leur gestion de la campagne de vaccination, dans les décisions, mais on voudrait pouvoir comprendre pourquoi ça change. »  

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