Près de 600 blouses blanches s'invitent chez Maggie De Block ...qui refuse de les recevoir

Environ 600 étudiants en médecine francophones, vêtus de blouses blanches, ont manifesté vendredi après-midi sous la pluie et le vent pour réclamer une solution pour la "double cohorte". Deux promotions d'étudiants en médecine seront en effet diplômées en 2018, la durée de leurs études étant passée de 7 à 6 ans en 2012. Devant le cabinet de la ministre de la Santé publique, Maggie De Block, ils ont exprimé leur mécontentement et exigé une place de stage de qualité pour tous.

"Nous sommes les étudiants et nous allons nous battre", ont entonné en chœur les 600 manifestants devant le cabinet de Maggie De Block, après être partis de la gare de Bruxelles-Central. Ils revendiquent une place de stage de qualité pour l'ensemble de la double cohorte, qui craint d'avoir "étudié pour chômer".

Près de 2.000 étudiants francophones, soit deux promotions, termineront leur formation de base en médecine en 2018. Ils devront ensuite choisir une spécialisation, synonyme de stages, qui peut durer jusqu'à six ans. Un nombre accru de places de stage et de maîtres de stage seront dès lors nécessaires.

En décembre 2016, une note de la cellule planification de l'offre des professions de soins de santé du SPF Santé publique estimait le déficit de places de stage en 2018, dû à cette double cohorte, à 1.505 en Belgique, dont 1.061 en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette situation est connue depuis six ans au moins mais aucune solution n'a encore été dégagée, dénoncent les étudiants. "Nous serons tous touchés", s'exclame Alice, étudiante en 4e année de médecine. "Les assistants ne font déjà pas leur stage dans de bonnes conditions", souligne-t-elle. "Nous avons besoin de pratiquer", enchaîne Laurent, étudiant en 5e année.

Une formation de moindre qualité signifiera des soins de santé de moindre qualité, déplorent les étudiants. "Les politiques se moquent de votre santé, pas nous", pouvait-on lire sur une pancarte.

La mobilisation, soutenue par l'Association belge des syndicats médicaux (Absym) et la Fédération des maisons médicales, a été lancée à l'appel de sept organisations étudiantes. Le Bureau des étudiants administrateurs de l'ULB, le Bureau étudiant de la faculté de médecine de l'ULB, l'Assemblée générale des étudiants de Louvain, l'Assemblée générale des étudiants de Woluwé, la Fédération des étudiants de l'ULg, la Fédération des étudiants francophones (Fef) et le Comité universitaire des étudiants en médecine (Cium) ont émis diverses revendications, dont l'augment ation des places de formation et un maintien de sa qualité, une place d'assistanat pour chaque diplômé en 2018 ou un assouplissement des critères de maîtres de stages.

Ces revendications sont connues de la ministre Maggie De Block, les étudiants les ayant déjà relayées en mars dernier lors d'une manifestation devant son cabinet. Depuis, des concertations ont été mises en place. "Lors de la dernière réunion, certaines revendications ont été acceptées", indique Laura Mailier, chargée de communication pour le Cium, "notamment par rapport à un budget supplémentaire et un assouplissement des critères pour les maîtres de stage". Cette mobilisation n'arrive donc pas forcément à point nommé pour le comité, qui la soutient toutefois "pour les étudiants qui sont dans le flou". "Nous craignons que Mme De Block ne se braque."

Pour Vicron Mickelet, un des initiateurs de la manifestation, "les concertations n'ont pas mené à grand-chose". Une solution rapide est nécessaire, certains concours pour des spécialités se déroulant déjà en janvier prochain. "Les étudiants doivent savoir s'ils pourront poursuivre leurs études."

"On promet beaucoup de choses depuis plusieurs années", enchérit Maxime Mori, président de la Fef. "Pour la double cohorte, on arrive avec des propositions à la dernière minute", souligne-t-il. Des propositions qui ne font pas forcément l'unanimité, comme des stages à temps partiel, sur une durée plus longue. Une solution dénoncée par le cdH notamment dans un communiqué, s'indignant du "mépris" de Mme De Block.

Le refinancement des hôpitaux et des lieux de stage "à hauteur de leurs besoins" est aussi revendiqué par les manifestants. En juin dernier, Maggie De Block avait annoncé que 10 millions d'euros avaient été mis de côté pour financer l'organisation de stages supplémentaires. "Plus, plus, plus", lui ont répondu vendredi les étudiants. "Un financement permettrait de diminuer la charge de travail, d'améliorer la prise en charge et d'assurer une meilleure formation pour les étudiants plutôt que d'avoir des assistants surchargés et fatigués", souligne Nicolas Pierre, de l'Assemblée générale des étudiants de Woluwé.

Les étudiants ont souhaité discuter avec la ministre de la Santé publique, qui a refusé de les rencontrer. "Un représentant de la ministre nous a expliqué qu'elle n'avait rien à nous dire", raconte Nicolas Pierre, qui s'indigne de ce refus du dialogue.

> Lire aussi : Double cohorte : les étudiants dans la rue soutenus par l’Absym

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