Pas assez impliqué dans la formation des réseaux

Huit médecins hospitaliers sur dix ont intégré la redéfinition du paysage dans les réseaux. Ils considèrent notamment qu’il s’agit d’une opportunité de maintenir une qualité de soins élevée.

L’enquête dévoile que de nombreux médecins se sentent toujours mal informés à propos de l’évolution des réseaux. Ils en ont une perception plutôt négative et ne sont pas convaincus qu’ils travailleront mieux ensemble dans un réseau (Question 5). Près de six médecins sur dix ne le pensent pas. «In fine, avoir une concentration de la prise en charge de certaines pathologies, changera la manière de travailler des médecins», note Julien Compère. Les organes directeurs des hôpitaux doivent être conscients de ces chiffres: 66% des médecins ne se sentent pas concernés. L’implication des médecins est pourtant cruciale (Question 6). Pour Julien Compère, administrateur délégué-CHU de Liège, ce chiffre n’est pas surprenant: «On ne connaît toujours pas toutes les règles du jeu. Je peux comprendre les interrogations et le manque d’implication des médecins parce que l’objectif de la ministre n’est pas clair».

Pour que ce travail en réseau se fluidifie, les médecins devront être bien informés. Ils se sentiront alors logiquement plus impliqués. «Il est évident que des craintes existent. Les directions d’hôpitaux et la ministre devront rassurer et faire un important travail de pédagogie sur les différents thèmes de la réforme», ajoute Pascal Mertens. «Il y a aussi des interrogations, voire des craintes de certains médecins face aux nouvelles technologies et à l’évolution de leur travail.»

A ce niveau, il existe une différence linguistiques significative: 20,4% des francophones se sentent bien informés, par rapport à (37,2%) des néerlandophones. «C’est vrai que les médecins ne sont pas assez informés. Nous devons faire de nouvelles séances et ils ne doivent pas oublier d’y venir», ajoute Julien Compère. Pour Benoît Debande, toute l’information n’est pas encore disponible: «On ne sait pas encore ce que les Régions vont mettre en place. De plus, lorsque nous faisons des séances d’informations, les médecins ne sont pas toujours très assidus».

L’enquête montre aussi qu’une majorité de médecins craint également une augmentation des formalités administratives. Les médecins les plus âgés sont les plus représentés à ce niveau (78,9%). Pour Pascal Mertens, cela n’arrivera pas: «A aucun moment dans la mise en place des réseaux, il n’est prévu une augmentation de la charge administrative. On devrait même avoir une gouvernance plus efficace même si cela ne sera pas simple». De leur côté, Stefaan Carlier (anesthésiste à l’ AZ Groeninge) et Margot Cloet doutent aussi tous deux de l’existence d’un lien direct entre le travail en réseau et une augmentation de la charge administrative. La numérisation et l’informatisation apportent une réponse à ce problème, affirme même Margot Cloet.

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Les résultats de cette enquête sont le fruit d’une collaboration entre Le Spécialiste et Zorgnet-Icuro. Sous le titre «Réseaux hospitaliers: menace ou opportunité pour le médecin hospitalier?», ils s’inscrivent dans le cadre du mémoire de Hilde Van Kerckhoven pour l’obtention d’une maîtrise en gestion et politique de la santé. Superviseur: Pr Dominique Vandijck (Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé, UGent). 836 médecins néerlandais (63,3%) et francophones (36,4%) ont répondu au questionnaire de mars à juin 2018. L’échantillon était composé de 35% de femmes et de 65% d’hommes répartis de manière égale dans toutes les catégories d’âge.

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