Health as a Service (Frank Ponsaert)

On n’achète plus de logiciels, mais on prend un abonnement à une solution Saas (Software as a Service). On n’achète plus d’infrastructures, mais on opte pour une IaaS (Infrastructure as a Service). Demain? … Ce sera Health as a Service.

Les mots et concepts à la mode: ils apparaissent puis disparaissent, mais certains résistent et deviennent la nouvelle normalité. Un exemple: les propositions ‘as a service’ via internet. On n’achète plus de logiciels, mais on prend un abonnement à une solution Saas (Software as a Service). On n’achète plus d’infrastructures, mais on opte pour une IaaS (Infrastructure as a Service).

Demain, nous n’achèterons plus de voiture, mais nous prendrons le moyen de transport qui nous convient le mieux au moment où nous en avons besoin, Mobility as a Service. Notre mail sur le smartphone nous permet aussi d’obtenir à tout moment notre courrier. Nous ne devons pas attendre le facteur. C’est quand même Post as a Service, n’est-ce pas? Et j’en passe. C’est de toute façon une bonne chose pour notre plaidoyer en faveur du Health as a Service.

La santé comme un service? C’est déjà le cas. Tous les prestataires de soins font de leur mieux pour soigner les patients du mieux possible, pour les entourer des meilleurs soins, pour les guérir dans les meilleures conditions ou maintenir leur qualité de vie. C’est quand même le service ultime, non?

En effet, mais le monde digital peut encore y ajouter une couche supplémentaire, comme dans les logiciels. Nous en avions déjà, et cela marchait. C’est quand même un service. Oui, mais dans le logiciel comme un service, vous n’avez plus besoin de vous soucier de la licence, de la mise à jour, de l’installation… Il suffit de vous connecter via internet. C’est précisément le nouveau service.

Qu’est-ce que maintenant pourrait être Health as a Service? Tout patient qui prend un abonnement reçoit en échange un DMI, avec les mises à jour complètes garanties (détenteur du DMG + 1ère ligne + hôpital + maison de repos + …), téléconsultation, télémonitoring, pharmacie en ligne, des rendez-vous just in time avec les prestataires de soins (donc uniquement si c’est vraiment nécessaire), communication entièrement électronique, soutien à la décision intégré, soins multidisciplinaires intégrés. Le patient qui est abonné HaaS utilise les outils et les apps de son choix.

Chaque jour, nous nous en rapprochons un peu plus. Mais quelles ont été les étapes franchies les dernières semaines?

ViViDoctor, une plateforme pour le contact avec votre médecin à distance, est passé dans les médias, ce qui donne lieu à des discussions sur la légalité, la déontologie, la qualité, l’opportunité. La réponse est pourtant simple. C’est souhaitable (du point de vue du patient). C’et légal. La déontologie du médecin s'applique de la même façon que si il y avait un contact physique entre le médecin et le patient.

Et qu’en est-il du remboursement? Il n’est pas encore réglé. Mais que s’est-il passé entretemps? Les résultats intermédiaires des projets pilotes Mobile Health sont connus et selon la ministre De Block, ils sont encourageants. Le remboursement de la téléconsultation arrive donc à l’horizon. Il le faudra de toute façon car entretemps, après la France et les Pays-Bas, le Royaume-Uni a aussi opté pour le remboursement de la téléconsultation et du télémonitoring.

Cela nous a fait penser à la discussion autour des pharmacies en ligne. Elles ne peuvent pas faire de publicité en Belgique. Par contre, c’est permis aux Pays-Bas. Mais que s’est-il passé cette semaine? L’APB a fait savoir qu’ils ont un hub en ligne pour toutes les pharmacies. Ce message n’est-il pas de la publicité en soi? Si les pharmacies d’officine peuvent faire référence à leur hub en ligne, les pharmacies sur internet pourront aussi le faire, je suppose. Voici une question amusante pour l’Ordre des Pharmaciens et pour l’AFMPS. Et que s’est-il encore passé cette semaine? Amazon a commencé une campagne de marketing pour conquérir le Benelux. Dans la presse générale, on dit que les Bol.com et CoolBlue’s sont visés. Mais n’oublions pas qu’Amazon est déjà reconnu dans douze pays comme… pharmacie en ligne! La lutte de l’APB et de l’Ordre des pharmaciens contre les pharmacies en ligne est-elle la bonne? Peut-être devrions-nous être protectionnistes, mais pas intra Belgica. Peut-être le temps est-il venu que l’APB, Ophaco et les pharmacies en ligne belges agissent ensemble contre Amazon et consorts? Mais où ira l’énergie? Dans des combats d’arrière-garde ou dans une approche proactive des réelles menaces?

Quelle autre discussion? L’obligation de prescription électronique à partir du 1er janvier 2018. Selon certains, cela irait trop vite. Cela fait déjà 7 ans qu’il est possible de prescrire de manière électronique. Il est quand même temps que la pratique se généralise! L’argument selon lequel ce n’est pas possible pour les médecins qui n’ont pas encore de logiciel DMI ou pour les prescripteurs occasionnels n’est maintenant plus valable puisque Paris est prêt et sera bientôt mis à disposition de sorte que tout prescripteur qui a un PC et internet pourra faire une prescription électronique.

Nous nous rapprochons donc chaque jour de plus en plus du concept Health as a Service, mais on attend encore les grands sauts au lieu des petits pas…

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